MATERIEL ET TECHNIQUE

Echauffez-vous puis pré-ajustez et désembuez votre masque. Les sangles du masque se mettent au-dessus des oreilles et du sommet arrière de la tête.

Privilégiez un tuba rigide sans valve avec une partie inférieure flexible pour une parfaite adaptation à la forme du visage. Le tuba est utilisé pour se déplacer en surface et observer son binôme sous l’eau.

Retirez votre tuba en plongée. En effet, un tuba en bouche peut : générer une résistance voire une prise d’eau dans le masque, nécessite une expiration forcée pour le purger en surface, faire inhaler de l’eau en cas de syncope.

Une combinaison humide permet de conserver la chaleur et ajoute de la flottabilité. Adaptez l’épaisseur du néoprène à la température de l’eau. N’hésitez pas à doubler votre combinaison avec une souris et une capuche.
En effet, l’eau est un excellent conducteur. Les pertes caloriques sont rapides et importantes.

La ceinture de plomb compense la flottabilité de la combinaison et du corps. Se lester de manière à flotter en surface après avoir expiré. La ceinture se met au niveau des hanches afin de ne pas limiter votre respiration.
Privilégier une ceinture en caoutchouc qui se contracte et donc s’ajuste au fur et à mesure de votre descente. Quoi qu’il en soit, le plus important est qu’elle soit à largage rapide en cas d’urgence.

Pour l’apnée en milieu naturel, vous devez vous lester de manière à être en flottabilité nulle à une profondeur donnée.
On retient généralement 5 mètres ou 1/3 de la profondeur maximale planifiée pour une plongée supérieure à 15 mètres afin d’être en flottabilité positive dans la zone où les syncopes se produisent fréquemment (cf. Les principaux dangers).
Pour une apnée à poids constant profonde, le lestage doit être réduit pour limiter les efforts lors de la remontée.

Schéma illustrant le principe d'une flottabilité nulle définie à 5 mètres

Détendez-vous. Remplissez vos poumons du bas vers le haut. D’abord votre abdomen puis votre poitrine. Relâchez la tension en expirant lentement l’air de vos poumons du haut vers bas.
Prévoyez deux fois plus de temps pour expirer que pour inspirer. Renouveler cette pratique pendant une à deux minutes avant de plongée. Plus vous êtes détendu et plus vous serez capable de retenir votre respiration longtemps.
En effet, vous consommerez moins d’oxygène et produirez moins de dioxyde de carbone.

Mettez vos palmes dans l’eau. Le palmage se fait à partir des hanches et non des genoux. Gardez les pieds tendus. En plongée, les jambes doivent être à distance égale au-dessus et au-dessous de la ligne de votre corps.
Pour limiter la perte d’énergie, l’amplitude du battement idéale est généralement comprise entre 45 et 60°. Pour l’observation et l’efficacité, il est important de ne pas sortir les voilures des palmes hors de l’eau. Soyez silencieux et fluide (hydrodynamique).
Le palmage s’effectue fermement puis calmement après avoir passé la profondeur de flottabilité nulle.

Les palmes pour l’apnée loisir sont légères, longues et souples. A noter que les palmes rigides offrent une plus grande réactivité mais nécessitent une bonne puissance musculaire. Dans le cas contraire, vous risquez de fatiguer ou d’attraper des crampes au niveau des mollets.

Les palmes en carbone apportent un rendement supérieur aux autres palmes. Elles sont conseillées pour l’apnée en profondeur. A noter qu’elles sont couteuses et fragiles. Pour information, les palmes de la plongée scaphandre sont souvent à sangles et nécessitent des bottillons.

La plongée en canard permet d’économiser de l’énergie. En effet, la descente s’effectue tête en premier en utilisant le poids des jambes qui montent haut à la verticale hors de l’eau.
Plus les jambes montent haut à la verticale et plus la poussée sera efficace. Le palmage commence dès que les palmes sont immergées.

L’entretien de votre matériel : Rincez votre équipement à l’eau douce. Evitez de l’exposer à la lumière directe du soleil durant une période prolongée.

SECURITE

1) Quelques conseils

Toujours en binôme afin d’assurer la sécurité. Un en surface et un sous l’eau. Le binôme doit descendre et escorter le plongeur dans le dernier tiers de la remontée au moins les derniers 5 mètres.

Utilisez un sifflet pour attirer l’attention, un couteau en cas d’emmêlement et une bouée ou planche pour vous signaler, vous reposer et vous assister lors des remontées.

La flottabilité de la bouée ou de la planche doit être suffisante pour vous soutenir. Privilégiez une couleur vive. Prévoir un grappin ou un plomb et nagez à proximité de votre support.
Ne jamais l’attacher sur soi afin de limiter le risque d’emmêlement. Prévoir un pavillon de plongée afin de vous signaler des bateaux.
Deux modèles existent le drapeau Alpha (bleu et blanc) ou le drapeau rouge barré d’une diagonale blanche.

Bouée avec le drapeau alpha
Planche avec le drapeau rouge barré d'une diagonale blanche

S’hydrater afin d’éviter les crampes. Mettez une bouteille d’eau dans votre support. A noter que la diurèse d’immersion va créer un déficit hydrique.

Equilibrer immédiatement vos oreilles sous l’eau. Pour équilibrer les oreilles, il existe une technique simple et facile à réaliser qui s’appelle le Valsalva.
Au cours de la descente, il faut expirer doucement et fréquemment en se pinçant les narines pour compenser l’augmentation de pression. Ne pas attendre la douleur pour équilibrer vos oreilles.

Pour équilibrer le masque, il convient d’expirer. Prévoir un masque avec un petit volume afin d’utiliser peu d’air pour équilibrer ce qui vous permet de conserver davantage d’oxygène pour votre corps.

Descendre avec les poumons pleins d’air. Ne pas expirer sous l’eau. Vous avez besoin d’un maximum d’air pour fournir un plein effort et limiter le risque de syncope. A noter qu’expirer sous l’eau va également réduire votre flottabilité.
Ainsi, vous devrez fournir davantage d’efforts pour remonter vers la surface. Par contre, il peut être envisagé d’expirer juste avant de faire surface afin d’inspirer plus rapidement.

Enfin lors du retour en surface, pensez à tendre une main vers le haut pour éviter d’éventuels obstacles et saisir votre bouée ou tout autre support. Expirez lentement. L’inspiration doit être plus rapide et profonde avant de reprendre une respiration normale.

En résumé :

  1. En cas de sinusite, rhume ou congestion ne pratiquez pas la plongée en apnée.
  2. Récupérez 3 à 4 fois la durée de l’apnée.
  3. Favorisez des apnées brèves pour limiter le risque de samba ou de syncope.
  4. Il est souhaitable d’attendre 2 ou 4 heures après un gros repas avant de pratiquer l’apnée. La digestion consomme de l’énergie.
  5. Acquérir de l’expérience progressivement. Remontez bien avant vos limites. Si vous percevez des signes physiologiques inhabituels, Stoppez immédiatement l’activité.

2) Les principaux dangers

  • La syncope est une perte de connaissance brutale. Pour éviter la mort par noyade, le binôme doit boucher les voies aériennes du plongeur avec les mains et le remonter rapidement à la surface.
    A noter que les syncopes à faible profondeur se produisent généralement dans la zone de flottabilité positive. La prévention des syncopes impose une plongée en binôme avec un rendez-vous dans le dernier tiers de la remontée au moins les derniers 5 mètres.
    Par ailleurs, il convient de bien s’alimenter, de ne pas pratiquer l’hyperventilation, de ne pas plonger avec le tuba en bouche, de ne pas pratiquer de statique au fond et de ne pas remonter avec la tête en arrière (cou en extension).
  • La samba ou perte de contrôle moteur (PCM) est une série de convulsions incontrôlables du corps sans perte de connaissance qui s’apparente à une danse d’où son nom. Il s’agit de l’étape ultime avant la syncope.
  • Ne pas pratiquer l’hyperventilation (respiration rapide et ample avant de plonger). En effet, l’hyperventilation fait chuter le niveau de CO2. Or, c’est la teneur élevée en CO2 et non le faible niveau d’O2 qui stimule la respiration.
    L’hyperventilation peut être à l’origine d’une samba ou syncope.
  • Lors de la remontée, il est souhaitable de ne pas incliner la tête en arrière pour regarder vers la surface. En effet, la tête en arrière peut réduire l’afflux sanguin et d’oxygène vers le cerveau (risque de samba ou syncope).
  • La pression de l’eau affecte les espaces aériens (oreilles, sinus, poumons, masque) qui se compriment. En cas de difficulté à équilibrer les oreilles, il faut remonter pour éviter une blessure (barotraumatisme, rupture du tympan…).
    N’utilisez pas de bouchons d’oreilles qui créent un espace d’air que vous ne pourriez pas équilibrer. Descendez avec les poumons pleins d’air afin de réduire le risque d’un barotraumatisme pulmonaire par écrasement.
  • Ne pas plonger avec le tuba en bouche afin de ne pas avoir à expirer fortement en fin d’apnée. Le risque de samba ou de syncope est majoré.
  • Les bateaux. Dans la mesure où le plongeur en apnée passe beaucoup de temps en surface, le risque d’être heurté par un bateau n’est pas négligeable. Le support de signalisation constitue généralement le seul moyen d’indiquer votre présence.